Trump nomme le juge conservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême

Le président américain, Donald Trump, a nommé lundi le magistrat Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis, ancrant ainsi dans le conservatisme l’institution qui tranche les grands débats de la société américaine.

« Ce soir, j’ai l’honneur et le privilège d’annoncer que je nomme à la Cour suprême des États-Unis Brett Kavanaugh », un juge « aux références impeccables », a déclaré M. Trump au terme d’un suspense savamment orchestré par la Maison-Blanche. « Personne n’est mieux qualifié pour ce poste et personne ne le mérite autant », a affirmé M. Trump.

Actuellement juge à la cour d’appel de Washington, Brett Kavanaugh, 53 ans, un magistrat aux valeurs conservatrices solidement ancrées, a aussi été conseiller juridique de l’ancien président républicain George W. Bush. Dans son allocution, il s’est dit « profondément honoré » d’avoir été choisi pour devenir le neuvième juge de la haute cour. « Un juge doit être indépendant et doit interpréter la loi, et non pas faire la loi », a-t-il assuré lors d’un bref discours, en présence de M. Trump et devant ses parents, à qui il a rendu hommage.

Brett Kavanaugh a commencé sa carrière dans la magistrature comme assistant du juge Anthony Kennedy qui, fin juin, a créé la surprise en annonçant qu’il prenait sa retraite de la Cour suprême. Près de trois décennies séparent les deux hommes et, s’il est confirmé par un vote du Sénat, Brett Kavanaugh deviendra à 53 ans l’un des plus jeunes sages de l’institution qui veille à la constitutionnalité des lois aux États-Unis.

M. Kavanaugh doit accéder à la Cour suprême en vertu de la deuxième nomination de M. Trump au plus haut tribunal, après celle du juge Neil Gorsuch.

Plus tôt lundi, M. Trump se délectait du suspense à l’approche de la nomination, prétendant qu’il ignorait toujours qui il choisirait, mais qu’« on ne [pouvait] pas se tromper » avec les quatre candidats retenus.

Le président n’avait pas révélé les quatre noms figurant sur sa liste restreinte, mais les candidats pressentis étaient M. Kavanaugh, Raymond Kethledge, Amy Coney Barrett et Thomas Hardiman.

Une décision importante

Selon Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, le choix d’un juge à la Cour suprême des États-Unis « n’est pas une mince affaire ».

« On parle vraiment d’une des décisions qui, pour tout président américain, a un impact de façon très, très appréciable à long terme, explique l’expert en politique américaine. C’est une nomination à vie. Si le ou la juge qui est nommé(e) veut servir jusqu’à la fin de ses jours, c’est entièrement possible. »

L’importance de cette nomination est exacerbée par le fait que le juge qui cède sa place, Anthony Kennedy, ne se situait à aucune extrémité du spectre idéologique. « Ce n’est pas comme remplacer n’importe quel juge », souligne Rafael Jacob.

Le juge Kennedy avait soutenu ses confrères conservateurs dans des décisions majeures sur le droit de vote et le droit de porter des armes, mais il avait aussi fait pencher la balance pour le camp progressiste dans plusieurs dossiers de première importance, notamment en matière d’avortement, de droits des homosexuels et de peine de mort.

Source: Le Devoir – http://feedproxy.google.com/~r/fluxdudevoir/~3/qn_7k93XEIk/trump-choix-juge-cour-supreme

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