La volte-face de Trump au sommet du G7 montre les vraies faiblesses de l’Eur …

3 jours, seulement après les célébrations du débarquement du 6 juin 1944, et le culte légitime que nous devons aux artisans de notre liberté, nos alliés américains bafouent une nouvelle fois le multilatéralisme.

Le Président Trump vient de nous (européens) administrer une gifle magistrale, montrant aux pays du G7 son mépris des institutions internationales!

Un tweete, un seul ce petit message en 140 lettres a suffi à faire échouer le sommet du G7 qui vient de s’achever au Canada, laissant une impression de relégation méprisante en deuxième division.

Il y a quelques jours à peine j’interrogeais lors des questions d’actualité au gouvernement, le Ministre de l’économie et des finances sur les mesures qu’il entendait prendre pour protéger nos entreprises de l’extraterritorialité du droit américains.

La réponse a été pathétique… je vous laisse juge…

Il faut savoir que les entreprises françaises ont dû débourser 20 milliards d’euros d’amendes entre 2014 et 2016, la BNP Paribas ayant explosé tous les scores en payant 8 milliards d’euros, somme sans précédent, en 2014.

Pour faire simple, utiliser le dollar dans ses transactions, ou même le fait d’avoir une adresse email dont le serveur est situé aux États-Unis, suffit pour être poursuivi….

La France n’est bien sûr pas le seul pays européen touché. L’Allemagne, avec par exemple les entreprises Siemens et Volkswagen, n’est pas épargnée non plus.

Aujourd’hui c’est le chantage qui pèse sur nos entreprises installées en Iran mais demain les lubies d’un Président imprévisible viseront peut-être d’autres pays.

PSA, Total et d’autres s’apprêtent à quitter le pays… alors que Chinois et Japonais y restent.

Nos entreprises cèdent au chantage comme l’a fait la SNCF hier, coupable aux yeux de donneurs d’ordres américains d’avoir été complice de la Shoah, exclue des appels d’offre sur le territoire américain jusqu’à la signature d’un accord transactionnel de 60 millions d’euros au profit des familles américaines des victimes de la Shoah.

Véritable “couteau suisse” au service de leur hégémonie, les USA disposent d’une arme redoutable le “Département of Justice”, pourvu de 44.000 salariés et d’un budget de 7 milliards de dollars (dont 64% proviennent des amendes infligées aux entreprises étrangères), il a la capacité de faire disparaître une entreprise du marché américain, comme il menaçait de le faire à la BNP Paribas en lui supprimant, tout simplement son statut bancaire aux USA.

Sans oublier l’application sans nuance du FCPA la puissante loi anti-corruption américaine.

L’extraterritorialité des lois américaines, en vertu du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977, permet aux États-Unis de traquer les malversations d’une entreprise partout sur le globe, dès lors que ses transactions transitent par le circuit financier américain, l’usage du dollar suffit!

Le Département of Justice coopère égalent avec la NSA… ce savant cocktail de protectionnisme et de d’extraterritorialité du dollar étant tout naturellement, au service des entreprises américaines par un nécessaire et opportun affaiblissement de leurs concurrents étrangers venus de pays incapables de riposter!

Donc non seulement la France et l’Europe sont incapables de protéger leurs entreprises mais ils sont démunis et divisés face à une riposte toujours en gestation…

Certes, la loi française dite “Sapin II” inspirée du FCPA est entrée en vigueur le 11 juin 2017, a bien tenté de promouvoir l’extraterritorialité du droit français; son application semble plus qu’incertaine!

Quelles contre-attaques économiques pour l’Europe?

La Commission Européenne serait sans doute l’acteur majeur, non pas de la vengeance, mais du droit.

Elle a condamné en 2016, Apple à une amende colossale de 13 milliards pour avoir bénéficié en Irlande d’avantages fiscaux, et de plus de 2 milliards d’euros à Google, pour un abus de position dominante.

Les constats sont clairs: l’Europe divisée et faible, soumise au Brexit, aux égoïsmes et aux multiples protectionnismes est incapable de faire respecter des règles d’équité ou réciprocité.

Où est l’Europe?

Sa soumission économique et diplomatique (cf transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem) car il n’y a pas d’autres termes, à la puissance américaine est un fait !

Son impuissance à s’en affranchir ou à peser, ou contrebalancer pour s’y opposer aussi!

Toute solution nationale étant exclue, la riposte ne peut être qu’européenne.

En proie aux nationalismes les plus dangereux, à une crise migratoire sans précédent, l’Europe focalisée sur des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme n’est pas en mesure de réagir.

La diplomatie du coup de menton a de beaux jours devant elle, pendant ce temps nous continuerons à débattre de règles illusoires de taxation des GAFAM ou de régulation des FakeNews…

Le 1 juin se tenait à Tallin la conférence annuelle Lennart Meri, dans une intervention très remarquée le journaliste Nik Gowing nous invitait à penser l’impensable “Think Unthinkable“.

Rompre avec nos habitudes de pensée j’allais dire nos paresses, rompre avec la naïveté, refuser la passivité et innover dans les comportements…

Pensons donc l’impensable!

Une Europe forte, non pas de ses réglementations, mais de ses actes forts.

Pensons l’impensable une Europe solidaire et unie pour faire entendre au président Américain une riposte adaptée au mépris qu’il affiche à son endroit.

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Source: Huffington post – https://www.huffingtonpost.fr/nathalie-goulet/la-volte-face-de-trump-au-sommet-du-g7-montre-les-vraies-faiblesses-de-leurope_a_23455783/

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