L’Etat gabonais réduit drastiquement son train de vie

Réduire son train de vie pour éviter l’asphyxie. L’Etat gabonais s’est lancé dans un plan d’austérité spectaculaire au vu du dérapage de ses finances. Il a demandé à ses fonctionnaires de venir chercher mardi des bons de caisse s’ils voulaient toucher leur salaire. Une bonne façon de faire le recensement entre les absents, les décédés et les employés fictifs, et qui a valu des queues sans fin à Libreville devant les différents centres où ils étaient disponibles. Car c’est seulement muni d’un bon de caisse qu’un fonctionnaire pourra toucher son salaire ce 25 juillet.

Un changement de paradigme

La loi de finances rectificatives présentée récemment prévoit une réduction de 5 % du salaire de la moitié des 106.000 fonctionnaires gabonais, voire de 15 % pour ceux gagnant l’équivalent de plus de 900 euros. Les contractuels de plus de 60 ans sont licenciés et les fonctionnaires en congés maladie longue durée mis en retraite anticipée. Le nombre d’agences publiques va passer de 134 à 77 par fusion ou dissolution, tandis que le nombre de ministères sera réduit d’un tiers.

La taille des cabinets ministériels est divisée par deux et la présidence a remercié mardi dernier 40 % de ses collaborateurs. L’Etat va geler toute embauche pendant trois ans et n’achètera plus de véhicules de fonction plus de 45.000 euros. « C’est un changement de paradigme dans la gestion des finances publiques », a déclaré le chef de l’Etat, Ali Bongo, explique-t-on à la présidence. Où on souligne que ce « nettoyage et cette réorganisation profonde » permettent de « préserver les dépenses sociales et les plans d’investissement dans les infrastructures » (achèvement du tronçon routier PK5-PK12 et des bassins-versants de Nzeng-Ayong), tout en adressant un message aux bailleurs de fonds sur le fait que « les choses ont vraiment changé ». Les économies attendues de ces mesures se montent à 140 milliards de Francs CFA (210 millions d’euros, 5 % des dépenses totales) en 2018.

Mission du FMI

Cette austérité soudaine, critiquée par le parti socialiste et assimilée à une « déclaration de guerre » par le plus radical des trois principaux syndicats, Dynamique unitaire, semblait inévitable au vu de la chute des prix du pétrole, de loin la principale ressource du pays, depuis le pic historique de 2014. Après une période faste qui avait incité à une pléthore de projets et embauches, Libreville espérait absorber la chute via le plan de relance économique de fin 2016. Il était censé relancer la croissance et réduire les déficits jumeaux, extérieur et public.

Mais une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est achevée fin juin a exprimé sa « préoccupation devant la faiblesse des résultats » de ce programme, illustrée par une dette publique de 62 % du PIB alors qu’elle devait repasser sous les 40 %. Elle s’est inquiétée de la faiblesse des recettes hors hydrocarbures (69 % du total toutefois) et des « progrès décevants des réformes structurelles », mais a salué les efforts en cours, traduits par le budget rectificatif. Le FMI, qui a alloué il y a un an un prêt de 642 millions de dollars, encourage le Gabon à  accélérer sa diversification dans le bois, les mines et l’agriculture. L’agence de notation Moody’s a dégradé de son côté la dette gabonaise début juin, de B3 à Caa1, au 17e cran sur son barème de 20.

Source: les echos – https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0301929502501-letat-gabonais-reduit-drastiquement-son-train-de-vie-2193282.php#xtor=RSS-2053

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