En Estonie, l’extrême droite rejoint une coalition gouvernementale

Le Parti conservateur du peuple estonien, ou EKRE, a indiqué que sa coalition avec le Parti du centre (centriste) et le parti conservateur Fatherland créerait une majorité gouvernementale dans ce petit pays balte, qui est à la fois membre de l’OTAN et de l’Union européenne.

En vertu de cet accord tripartite, le leader du Parti du centre, Juri Ratas, deviendrait premier ministre, un rôle qu’il occupait depuis novembre 2016, et ce jusqu’au 3 mars dernier, jour des élections générales. Chaque partenaire disposerait de cinq des 15 postes ministériels.

La coalition contrôlerait 57 des 101 sièges au Parlement, et donc une majorité confortable. Cependant, la présidente du pays doit officiellement demander aux trois partis de former un gouvernement pour leur donner le pouvoir.

La chef de l’État, Kersti Kaljulaid, a déclaré vendredi qu’elle avait confié ce rôle au chef du Parti réformiste (centre droit), qui a obtenu le plus de votes.

EKRE est dirigé par un père et son fils, Mart et Martin Helme, respectivement âgés de 69 et 42 ans.

Les deux hommes disposeraient d’une influence importante au sein du cabinet. Mart Helme occuperait l’Intérieur, tandis que Martin Helme serait aux commandes des Finances.

Ce parti a fait campagne en faveur de l’abolition de la loi reconnaissant les unions entre conjoints de même sexe, a réclamé des changements à la loi encadrant l’avortement et s’est vertement opposé aux quotas d’accueil de demandeurs d’asile de l’Union européenne.

Un parti qui inquiète

Mart Helme, qui fut ambassadeur de l’Estonie en Russie de 1995 à 1999, a indiqué que le pacte avec les deux autres partis « protégeait des promesses essentielles faites à notre parti et à nos électeurs ».

La forte rhétorique nationaliste et la popularité croissance d’EKRE depuis sa création, en 2012, inquiètent en Estonie, particulièrement chez la minorité d’origine russe.

Selon Andrews Kasekamp, expert de l’Estonie et professeur d’histoire à l’Université de Toronto, affirme que la croissance d’EKRE a déjà provoqué une « vulgarisation du débat public » et la polarisation de la société estonienne.

Le parti « a alimenté l’hystérie anti-immigrants et homophobe » pour obtenir des votes lors des élections du mois dernier, allègue le chercheur.

« Il est certain que la réputation internationale de l’Estonie sera entachée si le pays est désormais placé sur un pied d’égalité avec les gouvernements nationales de Hongrie et de Pologne », dit-il.

Lors du dernier scrutin, le Parti réformiste a obtenu 28,9 % des voix. Le Parti du centre est arrivé deuxième avec 23,1 % des votes, suivi du EKRE avec 17,8 %.

Seuls cinq partis ont dépassé le seuil permettant d’entrer au Parlement. Avec trois de ces partis formant une coalition, Kaja Kallas, la chef des réformistes, n’a plus qu’une option : former un gouvernement minoritaire avec le Parti social-démocrate. Elle a cependant indiqué que cette option n’était pas sur la table.

La première ministre désignée doit faire connaître ses plans d’ici le 15 avril.

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