Interpol : la Russie subit un cuisant revers

La Russie a essuyé un cuisant revers lors de l’élection du nouveau directeur d’Interpol, mercredi. L’agence de coordination et de coopération des polices criminelles du monde entier, basée à Lyon, sera désormais présidée par le Sud-coréen Kim Jong-yang. Agé de 57 ans, il dirigeait l’agence par intérim depuis l’arrestation en septembre du Chinois Meng Hongwei, soupçonné de corruption par son pays.

Bras de fer entre Moscou et Washington

Certes, son poste est essentiellement protocolaire, puisque le travail opérationnel relève du secrétaire général, actuellement l’Allemand Jurgen Stock, mais cette nomination, lors du congrès annuel des 194 membres de l’organisation, à Dubaï, a fait l’objet d’une passe d’armes entre Washington et Moscou. Les Etats-Unis, comme plus discrètement les Européens, voyaient d’un mauvais oeil la candidature du général russe de police, Alexandre Prokoptchouk. L’Ukraine et la Lituanie avaient même menacé de quitter l’organisation s’il était élu.

Quatre sénateurs américains ont notamment appelé, dans une lettre ouverte rendue publique lundi, au rejet de la candidature du général Prokoptchouk. « Les événements récents ont montré que le gouvernement russe abusait des procédures d’Interpol pour harceler ses opposants politiques », a souligné le porte-parole du Conseil national de sécurité américain, Garrett Marquis. Il est vrai que Moscou a à plusieurs reprises utilisé Interpol pour intimider des critiques, comme le financier britannique William Bowder. Ce dernier, qui avait dénoncé la corruption de services de police russes dans le cadre de l’affaire Magnitsky, un juriste russe mort en prison à Moscou, avait été arrêté cette année en Espagne, qui avait in fine refusé la demande d’extradition de la Russie. L’un des principaux opposants du Kremlin, Alexeï Navalny, a aussi estimé que son équipe a « souffert d’abus d’Interpol à cause de persécutions politiques en Russie ».

Le Kremlin a dénoncé mercredi les « pressions extérieures » exercées lors du vote et la « politisation inadmissible » de l’élection du président. Interpol n’a pas communiqué le nombre de voix qui s’était porté sur les deux candidats parmi les 194 votants.

Yves Bourdillon
On en parle à Dubaï

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

*

Publicité
:: Fringales ::