Le Pakistan s’apprête à libérer le pilote indien capturé au Cachemire

Les tirs se faisaient plus sporadiques jeudi matin le long de la ligne de démarcation qui sépare les territoires pakistanais et indien au Cachemire, où une série d’altercations se sont soldées mardi et mercredi par des duels d’artillerie et la destruction d’avions dans les deux camps.

Les combats rapportés jeudi matin se sont déroulés à Poonch, dans le district du Cachemire sous contrôle indien, selon un communiqué de l’armée indienne.

« L’armée indienne a riposté avec fermeté et efficacité », a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense indienne.

Le pilote indien bientôt libre, selon Islamabad

Un homme à la joue enflée boit un thé.Le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman est apparu le visage tuméfié sur une vidéo publiée par l’armée pakistanaise. Photo : Reuters / Handout .

Alors que le torchon brûle une fois de plus entre les deux puissances nucléaires du sud de l’Asie, le gouvernement pakistanais a annoncé jeudi contre toute attente que le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman, capturé mercredi par l’armée pakistanaise après la destruction de son chasseur Mig-21, sera libéré dès vendredi.

Le pilote qui a survécu à l’écrasement de son avion est apparu le visage tuméfié, mais sain et sauf, sur les ondes de la télévision pakistanaise. Il a affirmé avoir été bien traité par les soldats pakistanais qui lui ont évité d’être lynché par une foule en colère après l’écrasement de son MIg-21.

Des images publiées sur les réseaux sociaux mercredi montrent en effet des civils pakistanais en train de passer le pilote indien à tabac alors que des soldats pakistanais tentent de l’extraire des griffes de la foule en colère.

Après avoir été abattu, le pilote a tiré un coup de pistolet pour éloigner des civils qui tentaient de l’encercler avant d’essayer de prendre la fuite à pied et de détruire des documents, a rapporté le quotidien pakistanais Dawn.

D’après le quotidien, l’avion que pilotait le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman avait été dépêché au Cachemire pour intercepter une incursion aérienne pakistanaise.

Le Pakistan joue l’apaisement

À Islamabad, le premier ministre pakistanais, Imran Khan, a expliqué que la libération rapide du pilote se veut un « geste de paix » envers l’Inde, qu’il a invitée du même souffle à reprendre le dialogue pour désamorcer la situation.

L’histoire nous enseigne que les guerres sont truffées d’erreurs de jugement. Ma question est de savoir si, vu les armes en notre possession, nous pouvons nous permettre de telles erreurs de calcul. Nous devons nous asseoir à la table et négocier.

Imran Khan, premier ministre du Pakistan

Les puissances étrangères appellent à la retenue

Des soldats indiens à la frontière.Une patrouille de soldats indiens monte la garde le long de la frontière avec le Pakistan. Photo : Reuters / Mukesh Gupta

Les États-Unis, la Chine et d’autres puissances mondiales ont fait écho à cet appel du premier ministre pakistanais en invitant les deux puissances à la retenue pour éviter toute aggravation du conflit.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al-Joubeir, est également attendu au Pakistan, porteur d’un message spécial du prince héritier Mohamed ben Salmane, qui s’est rendu au Pakistan et en Inde ce mois-ci.

De Hanoï, au Vietnam, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a pour sa part déclaré qu’il avait parlé séparément avec les ministres des Affaires étrangères indien et pakistanais, auxquels il a demandé de « donner priorité à une communication directe et d’éviter toute nouvelle activité militaire ».

Ce nouvel épisode de tension militaire entre l’Inde et le Pakistan survient dans une guerre territoriale et religieuse larvée que se livrent l’Inde et le Pakistan depuis maintenant 72 ans pour le contrôle du Cachemire, une région montagneuse qui jouxte le nord des deux pays.

Escalade

Des soldats inspectent des débris dans le Cachemire indien.Des soldats inspectent des débris de véhicules après l’attentat du 14 février près d’Awantipur, dans le Cachemire indien. Photo : AFP/Getty Images / STR

Cette fois, c’est un attentat suicide à la voiture piégée qui a tué une quarantaine d’auxiliaires de police le 14 février dernier, au Cachemire indien, qui a mis le feu aux poudres.

Accusant le Pakistan de donner asile à l’organisation terroriste Jaish-e-Mohammed qui a revendiqué l’attentat, l’Inde a lancé mardi un raid aérien « préventif » en sol pakistanais contre un présumé camp d’entraînement du mouvement terroriste, faisant 300 morts, selon New Delhi.

En réponse, l’aviation pakistanaise est entrée mercredi dans l’espace aérien indien, déclenchant une réponse immédiate des défenses aériennes et terrestres indiennes.

Les combats aériens et les tirs d’artillerie de part et d’autre de la frontière qui ont suivi se sont soldés mercredi par la destruction d’un nombre non confirmé d’avions pakistanais et indiens, dont celui du pilote indien Abhinandan Varthaman.

Considérant la situation, le Pakistan a complètement fermé son espace aérien mercredi, obligeant les compagnies aériennes à adopter des itinéraires de rechange. Le transporteur Air Canada a aussi dû revoir ses itinéraires de vol à destination de l’Inde et du Pakistan.

source: radio-canada

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