Plus de 130 civils massacrés au Mali

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière de l’histoire récente de la région. Des hommes vêtus en chasseurs dogons ont attaqué les localités d’Ogossagou et de Welingara, non loin de la frontière avec le Burkina Faso, dans la nuit de vendredi à samedi, a expliqué Moulaye Guindo, le maire de la ville de Bankass.

« Nous en sommes pour le moment à 134 corps récupérés par les gendarmes. Des morts sont également à déplorer à Welingara », a-t-il indiqué.

Des témoins ont rapporté que des cases du village ont été incendiées.

Un habitant d’Ogossagou a déclaré sous le couvert de l’anonymat que l’attaque survenue aux premières heures de samedi semblait avoir été menée en représailles à une embuscade tendue par un groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, au cours de laquelle 23 soldats avaient été tués.

Le groupe islamiste avait indiqué avoir mené son attaque pour venger les Peuls, victimes, selon lui, de violences de la part de l’armée malienne et de groupes paramilitaires.

Depuis l’apparition du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, qui recrute prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon. Ces derniers, qui pratiquent essentiellement l’agriculture, ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ».

Selon l’ONU, ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018.

Un « acte odieux »

Les attaques dans les localités d’Ogossagou et de Welingara sont survenues alors qu’une mission du Conseil de sécurité des Nations unies était en visite au Mali pour tenter de trouver des solutions aux violences qui ont fait des centaines de victimes civiles l’an dernier dans le pays.

Des émissaires du Conseil de sécurité ont été reçus vendredi soir par le chef de l’État malien, Ibrahim Boubacar Keïta, et par d’autres responsables gouvernementaux.

Condamnant « cet acte odieux », le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé les autorités maliennes à « enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice ».

Par communiqué, son porte-parole a annoncé que la MINUSMA – la mission onusienne pour tenter d’apporter une stabilité au pays – fournit un « appui aérien afin de prévenir toute nouvelle attaque » et aide au transport des blessés vers des centres hospitaliers.

Le 17 mars, des djihadistes présumés avaient attaqué et brièvement occupé une base de l’armée malienne située dans la localité de Dioura, dans la région de Mopti, au centre du pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

*

Publicité
:: Fringales ::