Au Mexique, la culture comme vecteur de changement

Pour tenter de comprendre le Mexique d’aujourd’hui, il est essentiel de s’attarder à la culture. Ce pays à l’histoire plusieurs fois millénaire, géographiquement au point de rencontre entre les cultures des Amériques du Sud et du Nord, ce territoire aussi grand que varié, à la population disparate et jeune, ne peut s’appréhender en quelques clichés.

Le journaliste et écrivain Ricardo Rafael dirige le Centre culturel universitaire Tlatelolco à Mexico. Ce politologue spécialiste des administrations publiques a publié plusieurs ouvrages et dirigé la Commission citoyenne contre la discrimination.

L’entrevue avec Ricardo Rafael est diffusée le 21 avril à Désautels le dimanche dans le cadre de la série Le Mexique, entre l’ombre et la lumière, sur ICI PREMIÈRE.

Des maux dénoncés par les artistes

En discutant avec lui en mars dernier, j’ai tout de suite compris que cette question de la discrimination, des disparités entre classes, était au centre de sa lecture de tout ce qui touche à la culture.

Les reportages précédents de notre série mexicaine ont largement démontré à quel point le pays souffre toujours de flagrantes inégalités économiques et sociales, malaises qui nourrissent la corruption et le narcotrafic. Et les artistes témoignent de ces maux, les dénoncent et pourraient, selon Ricardo Rafael, être les moteurs d’un changement annoncé par le résultat des élections du 1er juillet 2018.

Une culture bouillonnante

Ce qui ressort surtout de notre entretien, c’est la vigueur que constate notre invité dans tous les domaines de la création. Ici, le mot culture est à prendre au sens le plus large.

Une énergie unique qui est nourrie à même le sol de ce qu’il appelle le borderland, un territoire physique et psychologique qui couvre tout le nord du Mexique et une grande partie du sud des États-Unis, où circulent dans les deux sens des millions de Mexicains depuis fort longtemps.

L’augmentation de cette pollinisation croisée au cours des dernières décennies contribue à changer les communautés des deux côtés de la frontière. Et c’est pour le mieux, nous dit le politologue. Une contribution originale du pays qui sera bientôt l’une des 10 grandes puissances mondiales, croit-il.

Être femme et indigène

Tout n’est pas rose pourtant dans le portrait que nous trace Ricardo Rafael. La place des femmes demeure très préoccupante dans ce paysage en transformation rapide. Et si en plus d’être femme, on est indigène, faire sa place représente un défi titanesque.

Car la discrimination dont parle notre invité à plusieurs reprises reste le plus grand obstacle au développement du pays, plombé par un système de castes qui ne dit pas son nom.

Écoutez l’entrevue de Michel Désautels avec le journaliste et écrivain Ricardo Rafael :

radio-canada

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