Aux États-Unis, le hip-hop a sauvé l’industrie musicale

Avec notamment l’expansion du streaming, la musique aux États-Unis se vend toujours aussi bien. Et ça serait grâce au hip hop et au R&B…

L’industrie américaine du disque – qui commence à se remettre sur pieds, après une chute de près de deux décennies – est en bien meilleure santé. Au premier semestre de cette année, la consommation totale, alliant flux d’écoutes et ventes, a augmenté de 18 %, selon un dernier rapport sérieux publié en fin de semaine dernière.

Comme le décrit Erin Crawford, directeur général de Nielsen Music (spécialisé dans les charts US), la musique est indéniablement « en pleine croissance. » En 2016, grâce principalement à l’explosion du streaming – en somme ; de la musique en illimité, accessible partout et tout le temps, en fonction des abonnements -, l’industrie musicale américaine a presque doublé sa croissance, pour la première fois en 20 ans, et ce malgré le déclin, que l’on connaît bien, des ventes de disques en formats physiques. L’année dernière, les principaux labels musicaux ont atteint de nouveaux sommets, du jamais vu en 15 ans.

Le streaming est aujourd’hui plus populaire que jamais, avec des flux de musique et de vidéo à la demande totalisant une somme record de 403,4 milliards de dollars au premier semestre 2018, ce qui représente une croissance sur le marché de 41,6%, toujours selon le rapport.

Les chaises musicales

Mais qui a réouvert la voie ? Le hip-hop, mais aussi le R&B – deux genres qui s’avoisinent – , chacun en plein essor, représentant aujourd’hui 31 % du marché de la musique. Disons le très franchement : le rap est ce qu’il y a de plus populaire aux États-Unis.
Notre bon vieux rock & roll, qui a mené la danse pendant des décennies, a cédé le trône en 2017, et vogue maintenant à 23%. On n’est donc aucunement surpris de voir que des artistes tels que Post Malone, Migos ou encore la rappeuse Cardi B dominent aujourd’hui les charts.

Un exemple parfait, quant à ce règne : « God’s Plan » de Drake est toujours le morceau le plus streamé de l’année, en cumulant près d’1,1 milliard de flux audio et vidéo (le clip touche les 700 000 000 de vues, deux fois plus que le « This Is America » de Childish Gambino, qui cartonne aussi). Pour cause, les messages forts portés par ses produits, peuvent être aussi politisés que destinés à une partie de la population qui imprègne plus que jamais la culture américaine – d’autant plus depuis l’élection de Donald Trump.

« Si je ne suis pas le meilleur, alors je le deviendrai, » chantait Drake dans « 0 à 100 », sorti en 2014. Quatre ans plus tard, il a tenu parole. Si de nombreux titres de sa carrière ont déjà, dans le passé, battu des records, son nouveau double album, « Scorpion », qu’il a publié en cette fin de mois de juin, lui a permis de littéralement exploser les compteurs. Ces morceaux – qui ne sont pas tous des singles – ont pris place dans plus d’un tiers du top 100 actuel. Vertigineux. Au cas où vous n’en aviez pas assez, la promotion de ce dernier album sur Spotify a même pris une ampleur totalement démesurée, allant même jusqu’à placer le rappeur dans des playlists dans lesquelles il n’avait, visiblement, rien à faire (et c’était assez drôle).

Le fameux rapport révèle également que le Disquaire Day de cette année a aidé une grande partie des disquaires indépendants américains à vendre un nombre record de galettes : près de 733 000. Son grand frère le vinyle, qu’on sait reprendre du poil de la bête, poursuit son ascension, avec des ventes en hausse de 19 % au premier semestre 2018, par rapport à la même période l’an dernier.

Vous trouverez ci-dessous les 10 albums les plus vendus de 2018 aux States jusque là – en prenant compte, bien entendu, des différents moyens de comptabilisations.

  1. Post Malone – beerbongs & bentleys (1,791,000)
  2. Soundtrack – The Greatest Showman (1,602,000)
  3. Cardi B – Invasion of Privacy (1,113,000)
  4. Migos – Culture II (1,088,000)
  5. Soundtrack – Black Panther: The Album (1,058,000)
  6. Ed Sheeran – ÷ (Divide) (845,000)
  7. J. Cole – KOD (794,000)
  8. Post Malone – Stoney (788,000)
  9. XXXTentacion – ? (769,000)
  10. Justin Timberlake – Man of the Woods (664,000)

Quid la France ? 

Chez nous, n’en déplaise, le rap a aussi une place de choix. En tête des ventes d’albums, on retrouve deux mastodontes mainstreams : Jul et Maître Gims qui, naturellement, touchent un public large, baignant leurs musiques respectives dans le hip-hop et la pop. Le premier a sorti six albums en deux ans, le second est une nouvelle figure de la variété française 2.0, qu’on ne le veuille ou non.
Quelqu’en soit la qualité… Puisque ce qui marche, c’est aussi la quantité. Les petits génies des chiffres l’ont bien compris : plus un album est long, plus il a la capacité de prendre la tête des écoutes sur les services de streaming. « Ceinture noire » de Maitre Gims, est tout de même composé de 40 morceaux… Et il ne descend plus en-dessous du top 3 depuis sa sortie fin mars.

Si dernièrement, en quatrième position, on retrouve le réjouissant dernier opus de Gorillaz, « The Now Now », et juste en dessous l’album perdu (puis retrouvé) de John Coltrane, « Lithopédion » de Damso clôture le top 10, moins d’un mois après sa sortie nationale. Depuis, le disque est certifié platine. Et c’est Damso lui-même qui l’a confirmé :

Mais pas de panique, la réédition d’« Appetite for Destruction » des Guns N’ Roses, est aux dernières nouvelles en septième position. Quand on y repense, il est quand même sorti en 1987… victoire de la nostalgie ?

Source: Rolling Stones – https://www.rollingstone.fr/industre-musicale-charts-hip-hop/

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