Les multiples visages de Gauguin

Doris Couture-Rigert, la conservatrice en chef du Département de Conservation au MBAC, lève délicatement le drap noir recouvrant une sculpture de bois de Paul Gauguin. Le visage d’un homme moustachu, aux traits asiatiques trahis seulement par des yeux bleus, est ainsi révélé. Un coq est taillé dans le chêne fendu et carbonisé, endommagé par le feu.

Habituellement exposée dans la salle d’art européen du MBAC, Portrait de Meijer de Haan (1889-1890) sera au coeur de l’exposition estivale de l’institution, qui mettra en vedette dès le mois de mai une cinquantaine des quelque 100 portraits réalisés en carrière par Gauguin.


Une sculpture de Paul GauguinAgrandir l’image
Portrait de Meijer de Haan, Paul Gauguin (1889–1890), Musée des beaux-arts du Canada Photo : Mitro Hood

Le public d’ici, qui côtoie cette oeuvre depuis des décennies, la verra sous un autre jour. Jusqu’à maintenant, aucune d’exposition, ni publication n’ont été consacrés exclusivement aux portraits de Gauguin, qui prenait souvent des libertés quant aux sujets qu’il peignait et sculptait.

C’est très difficile à expliquer. Il y a tellement de modèles qu’il a peints et d’idées dans ses peintures. Il n’y a plus cette idée traditionnelle qu’on présente une personne ou une personnalité, explique la commissaire Cornelia Homburg.

Les visiteurs du MBAC seront donc les premiers à voir ses oeuvres rassemblées dans un même endroit, avant que l’exposition ne se déplace vers la National Gallery de Londres, en Angleterre.

Mystères révélés grâce au MBAC

Les spécialistes en arts visuels en savaient très peu sur la sculpture Portrait de Meijer de Haan (1889-1890) au moment de son acquisition par le MBAC, il y a plus de 50 ans.

Or, au cours des quatre dernières années, l’oeuvre a révélé quelques-uns de ses mystères, principalement grâce aux recherches effectuées par la conservatrice en chef du Département de Conservation du Musée, Doris Couture-Rigert.

En sculpture, en portrait, [cette oeuvre] est absolument unique. Il n’en n’existe pas d’autres, de ce genre-là, explique Mme Couture-Rigert, insistant particulièrement sur la taille de la pièce, qui mesure 58,4 × 29,8 × 22,8 cm.

Les études avancées sur la sculpture de polychrome, faites au microscope, ont permis d’identifier, entre autres, les pigments de la peinture et de découvrir que Gauguin avait eu recours à de la cire pour préserver les couleurs dans le tronc d’arbre carbonisé. L’artiste aurait aussi utilisé une lime pour donner de la texture à sa sculpture.

Avez cette découverte, on espère que d’autres musées, qui vont être maintenant inspirés, vont chercher et pousser pour […] ajouter véritablement à des grandes connaissances sur toute une époque de Gauguin, précise Mme Couture-Rigert.

Des études sur d’autres sculptures similaires de Gauguin permettraient de les contextualiser dans l’ensemble de son oeuvre.

POUR Y ALLER

Gauguin, Portraits

Musée des beaux-arts du Canada

Du 24 mai au 8 septembre

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