Les scandales ne ralentissent ni Kanye West, ni son business

Il y a quelques années, qui semblent bien lointaines aujourd’hui, le nom de Kanye West pouvait être synonyme de lutte pour les personnes opprimées. En 2005, lors d’un événement qui rassemblait plusieurs célébrités afin d’appeler aux dons pour les victimes de l’ouragan Katrina, le rappeur de Chicago avait choisi de ne pas lire son prompteur. Avec des sanglots dans la voix, il avait préféré dénoncer la répression envers les familles noires accusées de pillage alors qu’elles cherchaient à se nourrir. Aux côtés d’un Mike Myers médusé, il avait conclu son discours, en direct à la télévision, par un vibrant «George Bush doesn’t care about black people!» (George Bush s’en fout des Noirs). S’en était suivi un débat national sur la gestion de la catastrophe par la Maison-Blanche, un moment que Bush a par la suite estimé être le «pire moment de sa carrière de président».

Aujourd’hui, Kanye (pardon, Ye) est un soutien fervent de Donald Trump, qui ne manque pas de s’en féliciter. Il estime que Bill Cosby (condamné pour agression sexuelle) est innocent et sa dernière lubie est de supprimer le treizième amendement de la constitution des États-Unis. Celui-là même qui abolit l’esclavage.

Cela représente le bien et l’Amérique qui se réunit. Nous ne délocaliserons plus dans les autres pays. Nous allons construire des usines ici en Amérique et créer des emplois. Nous allons donner du travail à tout ceux qui sont libérés de prison puisque nous allons abolir le 13ème amendement. Message envoyé avec amour

Les fans restent au rendez-vous

Malgré tout ça, la marque «Kanye West» se porte bien. Les fans du rappeur continuent d’acheter sa musique, son morceau I Love It avec Lil Pump est platinium et son dernier album était numéro un des charts à peu près partout. Pareil pour ses chaussures, les dernières Yeezys se sont toutes vendues alors que c’était le stock le plus important qu’il n’ait jamais mis sur le marché.

Pour comprendre comment Ye semble survivre à tous les scandales, Vox a interviewé Erik Bernstein, un expert en communication de crise. Pour lui, les polémiques sont stratégiquement orchestrées car elles adviennent souvent au moment où Kanye West a un projet imminent (Noisey faisait le même constat). Les premiers tweets sur Trump et la fameuse déclaration «l’esclavage était un choix» sont arrivées juste avant la sortie de son dernier album, Ye. En ce moment, les déclarations délirantes repartent de plus belle alors qu’il vient d’en annoncer un nouveau, Yandhi.

Pour autant, Bernstein estime que le raisonnement n’est pas aussi simpliste que l’adage «toute publicité est de la bonne publicité»: «Une polémique de type #MeToo serait un vrai problème pour lui, mais les autres controverses ne font pas de mal à sa carrière». Car selon l’expert en communication, si la plupart des gens qui achètent les produits de Kanye West ne sont pas fans de Donald Trump, ce qui sauve le rappeur est qu’il n’a pas de réelle influence: «Son soutien n’est pas si important. Il n’a pas d’autorité sur ce dont il parle. Ce n’est pas un politicien, ni un législateur. Il ne travaille pas avec Trump. Il ne peut pas influencer quoi que ce soit».

Source: Slate – http://www.slate.fr/story/168131/scandales-kanye-west-business-se-portent-bien

Laissez un commentaire

Publicité
:: Fringales ::